Nightcall Avis SPOILERS !

Night Call est un Thriller américain écrit et réalisé par Dan Gilroy, il est sorti récemment en 2014. Louis Bloom est un chômeur qui enchaîne les petits boulots pour pouvoir survivre, et n'hésite pas à faire des actions illégales pour gagner son pain. Un jour, après avoir assisté au filmage d'un accident, il décide de filmer les crimes les plus sanglants possibles pour pouvoir ainsi vendre ses images aux chaînes de télévision américaines. Chaque soir, il arpente donc les rues avec l'assistance de Rick Garcia, un autre homme en proie à la misère, en écoutant la radio de la police pour être le premier sur les lieux de crimes. Ce film montre le parcours d'un homme victime de la crise qui franchit lentement les limites de la limite. On pourrait se poser comme question « a -t'il toujours été ainsi ? » car il nous est confirmé qu'il n'a pas hésité à voler pour gagner un peu d'argent, mais aurait-il été capable de scrupuleusement filmer des personnes agonisantes sans proposer son aide ? D'après moi, son attitude sans scrupules s'est faite progressivement. Lou Bloom est avant tout un homme d'affaire avant d’être un homme de conscience. Il utilise des mots pompeux pour expliquer (et non pas justifier) son comportement. Son esprit est très mathématique, il est conscient que plus il y a de sang, plus il y a d'audimat, et plus il y a de récompense. Louis Bloom est il pour autant inhumain ? Non car il souffre aussi du manque de connexion humaine et de reconnaissance d'autrui. Ce film est une réussite pour moi. Il arrive à montrer un racisme et une favorisation des classes sociales évidente via les médias. Le réalisateur en vient même à critiquer cette idée du « rêve américain » (on part de rien et on arrive au sommet). De plus, ce qui marque avec ce film est le choix du décor. On nous montre un New York calme et nocturne comme on ne le voit pas souvent. Les acteurs sont tous très bons, en particulier Jake Gyllenhaal (Lou Bloom), qui glace le sang avec son professionnalisme poussé à l’extrême. Night call nous montre donc avec ce décor urbain et ce choix de contexte que la fin ne justifie pas toujours les moyens, et remet en question le rôle des médias qui cherche plus à effrayer le spectateur lui même voyeuriste plutôt qu'à informer de façon neutre et factuelle.

Retour à l'accueil